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Beckett et la langue des maîtres / Anthony Cordingley
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Cette étude démontre la façon dont Beckett exploite les clichés qui justifient l'idée selon laquelle la langue française est mieux adaptée à l'expression philosophique ou scientifique alors que l'anglaise se prête mieux à la poésie. La soi-disant pureté de l'expression de Beckett en français s'avère une rhétorique auto-référentielle dérivée de son apprentissage de la langue comme langue étrangère. L'article analyse les figures de maîtres et élèves de langue chez Beckett, depuis Fin de partie jusqu'à Comment c'est , et donne à voir sa préoccupation croissante avec la dynamique de la transmission pédagogique ainsi qu'avec le caractère secondaire de tout langage signifiant lui étant accessible ; mais montre aussi son effort pour échapper à ce paradoxe artistique en s'appropriant la rhétorique vide du manuel de langue vivante.
Voir le numéro de la revue «Littérature, 167, 01/09/2012»
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